
| L’autre exemple est tiré d’animaux plus
petits.
Le long d’un clair ruisseau buvait une colombe, Quand sur l’eau se penchant une fourmi y tombe ; Et dans cet océan l’on eût vu la fourmi S’efforcer, mais en vain, de regagner la rive. La colombe aussitôt usa de charité : Un brin d’herbe dans l’eau par elle étant jeté, Ce fut un promontoire où la fourmi arrive. Elle se sauve ; et là-dessus Passe un certain croquant qui marchait les pieds nus. Ce croquant, par hasard, avait une arbalète. Dès qu’il voit l’oiseau de Vénus, Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête. Tandis qu’à le tuer mon villageois s’apprête, La fourmi le pique au talon. Le vilain retourne la tête. La colombe l’entend, part et tire de long. Le soupé du croquant avec elle s’envole : Point de pigeon pour une obole. |
En vain : sans succès
Usa de charité : rendit service
Un promontoire : une petite élévation audessus
de l’eau
Un croquant : un paysan
Une arbalète : arme avec des flèches
L’oiseau de Vénus : la colombe
Le vilain : le paysan
Déjà lui fait fête : se réjouit à l’avance
Tire de long : s’enfuit
Le soupé : aujourd’hui, on écrit souper
Une obole : ancienne monnaie d’Athènes de peu de valeur
Comparez cette fable avec Le lion et le rat.
Quels sont les animaux des deux fables ? Quel service rend chaque animal ?
Quelle est la morale des deux histoires ?
Ecrivez une nouvelle fable sur le même principe : rédigez un ou deux vers de présentation ; un animal aide un autre animal, qui, dans un deuxième temps, l’aide à son tour ; terminez par un ou deux vers de conclusion.